« Je dois d’abord dire que j’ai été très émue par la qualité exceptionnelle de ta présence, de ton toucher, de ton écoute, de ton authenticité… Et je pourrais continuer les éloges… »

« …Je distinguerai les sensations éprouvées pendant le massage de ce que j’ai pu ressentir après, les jours suivants.

Tout d’abord, l’expérience du massage a été extraordinaire. J’ai pourtant l’expérience de massages très différents depuis une quinzaine d’années. Mais là, je n’ai jamais connu une expérience aussi puissante et aussi douce à la fois. Dès le début, une fois assise sur tes genoux, un sentiment de bonheur très simple et très intense m’a complètement submergée et m’a fait tout autant sourire que pleurer. Le fait de ne pas être en confrontation directe de regard à regard mais dans une proximité de contact avec ta peau et l’odeur de ton corps m’a permis de m’abandonner immédiatement à mes sensations. J’ai d’ailleurs pris conscience à quel point l’odeur était pour moi décisive ; pour moi, c’est l’odeur qui crée un espace autre, beaucoup plus que la lumière ou le décor. Je n’ai pas de souvenirs très précis ni des mouvements que tu as initiés ni des sensations que j’ai éprouvées. C’était immensément doux et j’avais le droit de m’y abandonner, sans réserve. Tu étais présent mais pas complètement visible, et ça c’était très agréable.

Et pourtant ou bien … et justement…, c’était étrange, car c’était comme des morceaux de souvenirs sensuels complètement mêlés : gestes érotiques d’un amant ou d’une amante avec la femme que j’ai été et que je suis, gestes d’amour du père ou de la mère ou de tout autre adulte avec l’enfant que je suis et que j’ai été, et même mouvements lents du fœtus dans la matrice ou du corps adulte dans l’eau d’une piscine… Bref j’avais le sentiment d’avoir tous les âges et de traverser toutes les époques de ma vie, dans des circonstances très variées qui ressurgissaient parfois un peu dans ma mémoire et qui s’effaçaient aussitôt. L’étrange était là, dans cette confusion de tous les gestes amoureux, avec tous les êtres rencontrés, sans qu’il y ait de séparation ou d’interdit à cette confusion.

J’ai aussi eu le sentiment d’une ouverture progressive mais très rapide et très confiante de tout mon corps. Je n’ai senti aucune résistance physique ou émotionnelle à aucun geste, même les plus intimes. Bien au contraire, parce que la confiance justement était là et que ton toucher est exceptionnel. Le plus surprenant a cependant été pour moi de me sentir totalement ouverte et pourtant pas du tout impérieusement sexuellement excitée. C’était très nouveau ! J’avais l’impression de prendre conscience d’un énorme potentiel de sensualité, disponible et sans exigence. Un beau cadeau que j’ai intégré comme une victoire ! Parce que c’est peut-être pour cela que je suis venue, pour guérir d’une forme de sexualité qui me coupe de moi-même et même de mes partenaires… »

« Les jours suivants (c’est encore assez vague !), je me suis sentie « ailleurs », portée, comme en suspension, dans un état d’émotion extrême. J’étais aussi extrêmement fatiguée. Je l’étais déjà et l’expérience creusait encore cette fatigue. Peut-être était-ce à cause d’un grand remue-ménage intérieur. Je me sentais pourtant extérieurement assez immobile.
Le sentiment dominant, qui s’est rapidement installé, a été la confiance. J’essaie de m’en servir comme d’un ancrage. C’est bizarre (et je livre l’information comme telle !) mais j’ai dans la tête, pour décrire ce sentiment, l’image d’un périnée !! ou d’un berceau !J’ai aussi eu le sentiment que je m’ouvrais à une autre écoute intérieure, plus juste, parce que moins volontaire. Mais du coup, je passe aussi par des moments de doute et de désespoir !, qui contrastent violemment avec la restauration de cette forme de confiance.

J’ai oublié de dire que pendant le massage, j’ai senti une douleur dans le dos où tu t’es un moment arrêté. C’est dans la partie gauche et médiane du dos. Il y a peut-être une dizaine d’années, j’ai senti là moins une zone de douleur qu’une zone réflexe. Depuis, lorsqu’on me masse à cet endroit, je sursaute. Quand tu as atteint cette zone, j’ai eu le sentiment qu’elle avait grandi, grossi, qu’elle s’était étalée en surface et en profondeur, comme un corps étranger ! L’image d’un sac de souffrances ancrées dans le corps. C’était douloureux de constater que ça grandissait.

Je te remercie encore du fond du cœur pour ce beau voyage que tu m’as offert avec tant de générosité. »

Carole, Professeur, Paris

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