« Un immense merci à toi, Eric, pour ton accompagnement. C’est maintenant seulement que je mesure l’ampleur du travail que tu as initié.

Le temps de ta présence-absence, c’était l’extrême agitation. Cela n’a pas été facile, d’autant que je n’avais pas l’énergie de me reposer. Mais peut-être était-ce très bien aussi cette tourmente, pour mettre à jour l’inertie qui me paralyse depuis plusieurs années et se mue souvent en une négativité enragée, très difficile à neutraliser. J’ai d’ailleurs cru un moment que tu ne réussirais pas à l’affronter. Et puis si ! Et c’est évidemment cette résistance qui va m’aider ! Merci pour cela, pour la douleur exprimée, pour la joie très douce aussi permise, pour l’ouverture d’une petite conscience sur l’intolérable en moi et par moi.
Je n’ai pas su bien te remercier à ton départ pour d’autres joies, les délicieux repas, les promenades peuplées de tant de présences animales, et pourquoi pas encore les conversations tendues…

Merci aussi pour tout ce que j’ai pu découvrir d’étrange – comme mon refus de la différence sexuelle, l’étouffement de ma voix qui va de pair avec le besoin du cri, d’étranges blocages et/ou désirs sexuels que j’explore dans des rencontres multiples, très pourvoyeuses d’informations…

Encore merci pour ton intuition pénétrante et ta présence discrète mais très incidente. Tu débusques fort bien les ombres.

Depuis ton départ, je me donne pleinement au temps qui coule, j’écris beaucoup au fil du stylo, notamment quand viennent des émotions terrassantes, je chante, je fais du yoga, je me « pause ».

Bref, je vais très bien, je suis le flux, un flux très généreux et très inattendu, et je lis enfin Spinoza et m’émerveille des ponts que je crois apercevoir entre cette philosophie et le peu que je sais du Tantra, du moins des textes que tu m’as indiqués. Je dors aussi à tout moment, dès que le besoin se fait sentir et c’est un miel qui me sustente enfin.

Les effets de ton séjour se poursuivent, comme une décantation calme et légère et j’oscille avec humour entre deux perceptions, celle de la paralysie panique devant le Neu Donau et celle des aimantes sensations tactiles et auditives de la Lobau… Entre les deux coulent, s’écoulent, découlent les événements…

Larmes de gratitude, à la source du cœur que tu m’as appris à sentir un peu…

Je tâche de continuer. »

Carole, Vienne (Autriche)

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