« Namaste Eric,

Ce fut une plongée au cœur de la douceur, de la tendresse et de la légèreté en passant par l’antichambre de mon corps.
Mais tout comme Alice, il m’a fallu franchir certaines étapes. La crainte et la honte n’ont pu résister face à la curiosité et, aussi maintenant je le sais, au besoin(désir) de mon corps.

J’ouvre la porte et le voyage commence…. Assise sur les jambes de Shiva, tel l’enfant les bras autour du cou de son Père, je me laisse envoler par un doux bercement.
Puis vient l’adolescence et me voilà entraînée dans une danse langoureuse baignée de douceur. Hum… qu’il est bon d’être là.

Je fais un pas de plus et mon paréo glisse sur mes hanches.
J’ai maintenant les deux pieds dans la pièce. Je suis couchée là, nue devant un inconnu et cela me semble étrangement naturel.
J’ai cette impression vaporeuse que nous ne sommes pas seuls dans la pièce.
« Vais-je pouvoir lâcher prise ? » demande le mental toujours présent.
Et la vague de douceur commence, la fraîcheur de l’huile sur ma peau. Je suis surprise de sentir cette fraîcheur agréable.
Et je me concentre sur mon corps pour ne pas me laisser emporter par mon mental.

Doucement mais sûrement, j’avance un peu plus et la première rencontre ne se fait pas attendre :
« Souviens toi d’où tu viens et tu sauras qui tu es ».
« Mais je ne sais pas comment faire » lui dis-je. « Sois tout simplement, vis ».
« Je ne sais pas comment faire » répétai-je.
« Sois! » répondit la voix d’un ton ferme, doux, chaleureux et bienveillant, tout cela à la fois. C’est fou !
Puis elle ajouta : « Je t’aime tant ma fille, si tu savais comme je t’aime. Tu es précieuse pour moi ».
Et avec votre permission Éric, j’ai pu libérer les larmes que je retenais.

Allez ! Concentre-toi ! Tu as besoin de ressentir ton corps, c’est ce que tu es venue chercher, non ?
Ces sensations que tu parviens à donner aux autres et que tu te refuses. Allez ! Respiration, calme, respiration….

Le voyage continue, la douceur m’envahit un peu plus, pas de chaleur pas de frissons, juste mon corps qui me fait découvrir la douceur dont il me comble. Il me fait ressentir sa beauté, sa tendresse, son amour malgré tout mes manquements à son égard.
« Je n’ai pas peur de la douceur… » pensai-je à haute voix.
Mon corps m’a dit tendrement qu’il m’aime. Magique !

Deuxième rencontre. Nos deux mains, paume contre paume, votre torse allongé juste ce qu’il faut sur le mien et je ressens la beauté de cette fleur que nos deux corps forment.
 » Nous sommes Un » ai-je lancé avec un sourire.
Je pouvais contempler cette fleur à l’intérieur de moi tout en la ressentant presque à l’extérieur. Une fleur inconnue et d’une magnifique beauté ! Curieuse sensation et inexprimable avec des mots.
J’avais vraiment la sensation profonde que nos corps ne formaient qu’un seul corps ! Je me suis sentie un peu comme une déesse qui retrouve son dieu, ou sa moitié, c’était un peu confus sur ce dernier point. Mais cette Déesse était presque complète, elle était sereine et tout était parfait !

Je me laisse encore un peu plus aller tout en restant sur mes gardes. Le lâcher prise est mon gros souci. Sauf quand je masse. En massant j’ai l’impression de voler, d’exister, d’être et de ne pas être…

Troisième rencontre. C’est bientôt la fin de la séance, je le sens. Nos corps sont à nouveau face à face comme au début et l’espace d’un instant j’ouvre les yeux.
J’aperçois alors en face de moi un jeune enfant, les cheveux bruns presque noirs, humides, les yeux fermés et d’une telle beauté, d’une telle légèreté et d’une telle sérénité. Sa beauté et sa légèreté m’émeuvent. J’ai envie de prendre sa tête dans mes bras, de le bercer tout contre moi juste parce que c’est beau et parce que j’en ai envie.
Mais une fois encore je n’ai pas osé. « Sans doute la prochaine fois oserai-je », me dis-je.

Je suis venue en espérant trouver une réponse à la question « qui suis-je ? ». Question qui me taraude depuis des années et m’empêche de trouver ma place en ce monde.
Je n’ai pas trouvé la réponse que j’attendais mais un indice.
Mon corps physique fait aussi partie intégrante de mon Etre. Il est la porte qui m’ouvrira vers mon véritable Etre. Je dois l’accepter avec toute la bienveillance qu’il a à mon égard. Ma complétude ne peut être qu’en intégrant et acceptant toutes les dimensions de mon Etre. Je sais aujourd’hui que je veux l’aimer comme il m’aime et ce, même si je ne sais toujours pas comment faire.

Je repars avec une telle légèreté et de la reconnaissance envers ce « corps-cœur » qui désire se substituer à mon « corps-peur » et reprendre sa place.

Merci Eric pour ce début de voyage.

Gratitude. »

Agnès, masseuse, Paris

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